Mentions obligatoires des annonces immobilières en Suisse
En Suisse, aucune loi fédérale ne régit le contenu des annonces — mais ce qui n'est pas imposé reste sanctionnable dès qu'il est faux. Cantons, formule officielle, CECB, surfaces et CHF : ce que doit transporter un flux CasaOne, Publimmo, IMMOMIG ou de régie.

Il n'existe en Suisse aucun équivalent de l'arrêté français ni du décret PEB belge. Aucune loi fédérale ne régit le contenu des annonces immobilières, et aucun canton n'impose de faire figurer la classe énergétique dans l'annonce. Ce vide apparent est trompeur : ce qui n'est pas imposé reste sanctionnable dès qu'il est faux, au titre de la loi contre la concurrence déloyale (LCD).
Cet article traite de la Suisse. Voir les guides France et Belgique pour les autres marchés. Il a une vocation informative et ne remplace pas un conseil juridique.
La règle d'or : c'est le canton de l'immeuble qui commande
La première erreur est structurelle : appliquer les règles du canton du siège de l'agence au lieu de celles du canton où se trouve l'immeuble. C'est la situation du bien qui commande, pour le certificat énergétique comme pour la formule officielle du loyer, la loi sur les résidences secondaires ou la Lex Koller.
Quatre axes doivent donc exister avant toute règle métier : le canton, la commune (avec son numéro OFS), le type d'opération et l'affectation. Aucun de ces référentiels n'est stable : la liste des communes à plus de 20 % de résidences secondaires est republiée chaque année fin mars, et les obligations de formule officielle basculent au 1er novembre selon le taux de logements vacants.
Prix et loyer
Prix de vente. Aucune obligation légale d'indiquer un prix : « prix sur demande » est admis. Ne transposez pas la logique française du « prix TTC honoraires inclus ». En revanche, dès qu'un prix est annoncé, il doit être exact : un prix d'appel systématiquement révisé à la hausse en visite est attaquable au titre de l'article 3 LCD.
Loyer. Aucun texte n'impose de l'indiquer, mais l'usage et tous les portails suisses distinguent trois montants :
- Nettomiete (loyer net)
- Nebenkosten (charges)
- Bruttomiete (loyer brut)
Trois champs séparés, le brut calculé et jamais saisi. Un champ unique « loyer », alimenté tantôt par le net tantôt par le brut selon la passerelle, est la première cause d'annonce trompeuse en Suisse. Pire : annoncer un loyer « charges comprises » puis signer un bail avec loyer net plus acompte a une conséquence lourde — des frais accessoires non convenus spécialement dans le bail ne sont tout simplement pas dus.
La formule officielle contraint votre base. Dans les cantons qui l'imposent (au 1er novembre 2025 : Bâle-Ville, Berne, Fribourg, Genève, Lucerne, Zoug, Zurich, et partiellement Neuchâtel et Vaud ; la liste se revérifie chaque 1er novembre, puisqu'elle suit le taux de logements vacants), le loyer initial doit être notifié sur une formule officielle mentionnant le loyer du locataire précédent. Depuis le 1er octobre 2025, elle doit en outre indiquer le taux d'intérêt de référence et l'indice suisse des prix à la consommation déterminants pour cet ancien loyer. Ces valeurs doivent être historisées bail après bail : elles sont irrécupérables après coup, et une formule périmée entraîne la nullité du loyer initial.
Certificat énergétique (CECB), canton par canton
Point capital, souvent mal rapporté : aucun canton n'impose d'afficher la classe énergétique dans l'annonce. Les lois cantonales imposent l'établissement du certificat et sa communication. Ce sont ces modalités qui déterminent si le certificat doit exister avant la mise en ligne.
| Canton | Obligation | Communication |
|---|---|---|
| Fribourg | CECB pour tout bâtiment aliéné | dès la commercialisation |
| Vaud | CECB à la vente d'un bâtiment d'habitation | établi « en vue de la mise en vente » |
| Jura | CECB à l'aliénation | avant la signature de l'acte |
| Neuchâtel | Conditionnelle (taille du bâtiment ou nombre d'utilisateurs du chauffage) | vente et mise en location |
| Genève | Pas de CECB à la vente ; indice de dépense annuel | — |
| Berne, Zurich, Valais, plupart des alémaniques | Aucune à la vente | — |
Trois pièges. À Fribourg et à Vaud, le certificat doit exister avant la commercialisation : un logiciel qui ne bloque pas la publication expose le mandant. En PPE vaudoise, le CECB porte sur l'ensemble du bâtiment — n'en créez pas un par lot. Enfin, Neuchâtel est souvent présenté à tort comme « CECB obligatoire à la vente » : l'obligation y est conditionnée par la taille du bâtiment ou le nombre d'utilisateurs du chauffage.
Si vous choisissez d'afficher la classe (facultatif partout), reprenez les classes présentes sur le certificat reçu et sa date, sans inventer une classe absente d’un ancien document. La présentation actuelle du certificat distingue l'efficacité de l'enveloppe, l'efficacité énergétique globale et les émissions directes de CO₂, sur une échelle de A à G — présentation officielle du CECB.
Surfaces : le premier gisement de litiges
Aucune loi ne prescrit quelle surface annoncer — d'où le contentieux. La référence de branche est la norme SIA 416, complétée par les recommandations de l'USPI Suisse. Trois règles pratiques :
- un champ de surface ne devrait jamais exister sans un référentiel de mesurage à côté ;
- les surfaces extérieures se pondèrent : balcons et loggias à 50 %, terrasses à 33 % — les additionner à 100 % est attaquable ;
- les usages cantonaux divergent (surface de vente nette à Vaud, Fribourg, Neuchâtel ; brute en Valais, soit ~8 % d'écart). Un moteur de recherche multi-cantons qui trie sur un champ unique produit des résultats faux.
Attention aussi aux passerelles internationales : la convention suisse du nombre de pièces compte souvent la cuisine pour une demi-pièce. Convertir mécaniquement un « T3 » français en « 3 pièces » suisse décale d'une unité.
PPE et restrictions de droit public
En propriété par étages, rien n'est légalement obligatoire dans l'annonce, mais l'omission est la principale source de contentieux post-vente. Quatre données méritent des champs dédiés : la quote-part en millièmes, les charges communes, le fonds de rénovation et les travaux votés non exécutés. Précision utile : le fonds de rénovation appartient à la communauté, pas au vendeur — il ne peut pas être présenté comme un actif transféré.
Les restrictions de droit public déterminent qui peut acheter : quotas de résidences secondaires, autorisation Lex Koller pour les acquéreurs étrangers, droits de préemption communaux, et à Genève le contrôle des loyers issu de la LDTR. Les taire rend l'annonce trompeuse.
Cookies : ne transposez pas le droit européen. La Suisse n'a pas d'obligation de consentement préalable aux cookies. La nouvelle loi fédérale sur la protection des données (nLPD) impose l'information et la transparence, pas l'opt-in généralisé. Un bandeau conçu pour la France n'est ni requis ni suffisant tel quel.
Le rôle d'une passerelle
En Suisse, la conformité tient surtout à la justesse des données : trois champs de loyer bien séparés, surfaces accompagnées de leur référentiel, blocage de publication là où le CECB doit préexister, et raisonnement par canton du bien. Une passerelle comme ImmoWP structure ces champs et évite les conversions automatiques trompeuses (loyer, surface, nombre de pièces) qui exposent le mandant.
Deux contrôles précèdent tout paramétrage : la devise doit être explicite, un flux sans devise ne doit jamais être affiché en euros par défaut, et les demi-pièces doivent survivre au transport, dans la fiche comme dans les filtres. Un 3,5 pièces arrondi à 3 change le contenu de l'annonce.
- CasaOne WordPress : publication par Casa Gateway, avec l'accès ouvert pour le compte de l'agence
- Publimmo WordPress : distinguer le fichier d'export de l'accès API
- IMMOMIG WordPress : vérifier le périmètre transmis au site
- Realforce WordPress : contrôler les champs de loyer et de surface
- SwissRETS WordPress : format d'échange suisse : demandez à votre logiciel d'activer l'export SwissRETS vers votre site
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Articles connexes
- Conformité des annonces : la vue d'ensemble France / Belgique / Suisse - Les trois logiques réglementaires
- Mentions obligatoires des annonces en France - Prix, honoraires, DPE et meublés de tourisme
- Mentions obligatoires des annonces en Belgique - PEB, IPI et les trois Régions
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